Né en 1925 d’un père professeur de lettres, B. Simon eut très tôt une vocation agricole et se refusa à envisager une carrière dans l’enseignement. Après la guerre, il est reçu à l’Agro de Paris où il est très marqué par le professeur Dumont. Souhaitant « faire du développement », il choisit la section production de l’Esaat dont il sortira major.

Il passe alors un an au ministère de la France d’Outre-mer, puis part en 1949 avec sa dynamique épouse et une fillette de cinq mois, rejoindre son affectation au Cameroun. Il y restera 11 ans et apprendra son métier sur le terrain, dans un univers de cacaoyers puis de caféiers. Ses débuts dans la région de Yaoundé sont ceux d'un jeune agronome « de terrain » plus souvent en brousse qu'au bureau. Il est cependant chargé du transfert de l’Ecole d’agriculture et de la création du Centre de recherches agronomiques de N’Kolbisson. Il passera ensuite cinq ans à Dschang avec les précieux caféiers arabica du pays, à développer le maraichage d'altitude et à tenter de conserver les sols .Son séjour s'achève à la direction d'une société de développement (secteur de modernisation) en pleine rébellion armée contre le pouvoir central.

En 1960, il revient en France et entre à la Sedes, filiale de la Caisse des Dépôts, qui vient d’être créée. La planification à la française des Etats nouvellement indépendants est alors une mine d’or. Mais les missions trop longues et divers accidents le conduisent à aller voir ailleurs en plein mai 68. Il est alors détaché pendant 5 ans à la Sogreah à Grenoble, société axée sur les techniques de l’eau, qui lui donne l'opportunité de planter des arbres à Abu Dhabi, d'étudier l'irrigation d'une zone à alimenter en eau à partir de la rivière Kwaï (la fausse, celle du film) et d'aller voir ce qui pourrait être fait pout le développement des îles Maldives !

Finalement, en 1972, il se pose au Gerdat qui vient d'être créé et qui avait besoin de renforcer sa petite équipe avec un agroéconomiste. Là, il trouve un univers de scientifiques principalement intéressés par l’agriculture de plantation et la rentabilité des projets auxquels ils participent. Peu de moyens mais une équipe de direction soudée voulant arriver à obtenir l'intégration des instituts spécialisés par plantes. Il s'efforcera de faire constituer des cellules d’agroéconomie dans la plupart des instituts tout en réalisant des études et expertises. La création du Cirad le conduit enfin, jusqu'à son départ en retraite en 1991, à y prendre la responsabilité des relations internationales, hors Afrique francophone. Celles-ci, avec le temps, se réduiront à la seule Asie. Il s’attache alors à négocier des accords de coopération avec de nombreux pays tout en réfléchissant aux conditions et modalités de l'ajustement de la politique scientifique du CIRAD.

Depuis, il poursuit des recherches sur l’histoire de l’agronomie tropicale et le destin des hommes qui l'ont marquée.

Toute cette carrière fourmille d’anecdotes que nous distillerons dans les prochains numéros de la Lettre de l’Adac. La première raconte ses expériences avec les éléphants.


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