berthaudFamille et études – Je suis né en novembre 1949 à Oullins dans le Rhône, dans une famille d’artisans pâtissiers, de l’alliance de deux familles originaires chacune d’un village de l’ouest lyonnais.

Mes parents, surtout mon père, étaient profondément croyants, sans toutefois être bigots, pratiquant au quotidien, amour, service aux autres et joie.

Benjamin d’une fratrie de 3 frères et d’une sœur, mes parents, avec le soutien affectueux permanent de nos familles, nous ont assuré une enfance heureuse et des scolarités paisibles et globalement réussies.

Après des études primaires à l’école publique du quartier, pour moi, ce fut un bac Mathématiques et Techniques à l’école des Frères des Ecoles chrétiennes de la Croix Rousse à Lyon, puis deux années de prépa Agro au lycée agricole du Chesnoy près de Montargis. Enfin une intégration à l’Ensa de Montpellier en 1969-1972, plus connue alors par les Montpelliérains comme l’Ecole d’Agriculture et puis ensuite comme SupAgro, avec en troisième année une spécialisation en agriculture méditerranéenne. Pour conclure tout cela, une année de spécialisation (1972-1973) en agriculture et zootechnie méditerranéenne, à l’IAM (Institut agronomique méditerranéen) de Saragosse afin surtout d’y apprendre l’espagnol.

 

Pourquoi faire une prépa au lycée agricole du Chesnoy ?

Tout d’abord, mon projet était d’intégrer l’Ecole nationale des Ingénieurs des Travaux des Eaux et Forêts, située à Nogent sur Vernisson, et proche du lycée agricole (maintenant les deux ont fusionné sur le plan administratif).

Ensuite, cette préparation perdue au milieu du Gâtinais, dans un village où le gouvernement français en 1954 avait exilé, le leader indépendantiste tunisien Bourguiba, devait me garantir une tranquillité et un isolement plus propices au travail de prépa, que n’offraient pas les prépas plus prestigieuses des grandes villes comme le lycée du Parc à Lyon.

Première expérience professionnelle (RFR- 1973)

En quittant Saragosse et son IAM, je fus embauché par une entreprise (aujourd’hui disparue à la suite de fusions et d’acquisitions) de produits phytosanitaires à base de soufre, les Raffineries de Soufre Réunies, dont l’essentiel des activités était alors en arboriculture et en viticulture mais qui voulait se diversifier dans les grandes cultures céréalières. Cela me permit de découvrir mon allergie aux pollens des céréales et j’ai dû me reconvertir. Cette allergie ressemblait initialement au vulgaire rhume des foins dont j’étais affecté dès ma petite enfance.

IRHO puis Cirad

En répondant à une petite annonce, je fus recruté par l’IRHO (Institut de recherches pour les huiles et oléagineux) dans son département développement où un certain nombre d’agronomes travaillaient directement soit en gérant les plantations des stations soit encore en contact direct avec les utilisateurs de la recherche en charge :

-  de transmettre les besoins des usagers de terrains aux chercheurs ;

-  de vulgariser les résultats de la recherche aux usagers de terrains ;

- et enfin, « cerise au-dessus du gâteau », de générer des ressources dites à l’époque, propres, puisque notre fonctionnement dépendait financièrement des utilisateurs.

Expériences en Côte d’Ivoire

Tout d’abord comme assistant technique de la Sodepalm, mais basé à la station principale de La Mé, où je m’occupai du suivi des expériences agronomiques sur les plantations de palmier et de la formation des futurs cadres (1974-1977).

Fin 1977, tout en restant à l’IRHO je fus transféré toujours comme conseiller technique à Palmindustrie pour le programme des extensions palmiers et cocotiers dans le Sud-Ouest (ARSO) de la république de Côte d’Ivoire.

En 1979-1980, toujours au sein de la Palmindustrie, j’intégrai le staff de la direction des plantations, en charge des plantations de palmiers situées entre le Sassandra et la frontière libérienne abandonnant pour toujours le cocotier !!!.

Il convient de mentionner que le plan palmier ivoirien est l’une des rares réalisations que René Dumont n’a pas jugé utile de trop critiquer dans son livre« l’Afrique Noire est mal partie », au contraire.

Fin 1980, je quittai la Côte d’Ivoire pour aller en Amérique latine.

En 1987-1990, je revins à Abidjan, mais au sein de la DCGTx (Direction et contrôle des grands travaux) pour couvrir le 3e plan palmier, soit les nouvelles plantations dans l’extrême Sud-Ouest et la possible reconversion des plantations peu productives du Centre, en plantations d’hévéa.

C’est à cette époque (1988) que j’ai rencontré celle qui allait devenir mon épouse et la mère de nos enfants.

Expériences en Equateur 

1981-1987

Initialement chargé du suivi technique et agronomique de la plantation de Palmeras de los Andes QUININDE (Esmeralda), sur la partie côtière de l’Equateur, puis de celle de Palmeras del Ecuador (Shushufindi-Sucumbios) dans la partie amazonienne.

1998-2009 

Initialement chargé de la création de la troisième plantation du groupe PDA à San Lorenzo, puis inspecteur des trois plantations et de la station de Cole de Murrin corporation (champ semencier + bloc génétique) développée conjointement par le groupe et Palmelit.


Expériences à Madagascar-Cap Est Amboudirafia, Antalaha

1990-1993 : poursuite et achèvement de la création de la plantation gouvernementale du Projet Palmier à Huile d’Antalaha.

Cette affectation m’a permis de connaître deux personnes du Cirad qui méritent une mention spéciale :

- Jean Louis Reboul, alors délégué Cirad pour Madagascar,

- et Lucien Séguy que j’allais recroiser au Brésil, et qui m’initia au semis direct et aux « ascenseurs hydrauliques pour éléments minéraux ».

La situation politique assez agitée dans ce pays de la période 1992-1993 fut sans doute la raison de mon départ et de l’affectation au Cameroun après un bref séjour au Burundi où je refusai cependant d’être affecté, car à l’époque les militaires (tutsis) au pouvoir devaient organiser des élections démocratiques qui allaient rendre le pouvoir à la majorité hutu, ce qui dégénéra en bain de sang en même temps que le Rwanda.

Expérience au Cameroun (1994) à la station IRA de La Dibamba où la production de semences palmier a pu être relancée.

Expérience au Brésil (1995-1998)à la station du Rio Urubu du CPAA de l’Embrapa où la production de semences palmier a pu être relancée ainsi que la mise en route des analyses d’huile. De même, la mise en récolte de toute la station et l’usinage des régimes furent lancés. 

Expériences en Colombie (2010-2012) auprès de Cenipalma avec des missions de consultant auprès de diverses sociétés de plantations en Colombie même, en Equateur, Pérou, Guatemala.

En 2012, sonna l’heure de la retraite (jubilacion en espagnol), mais je gardais des missions de consultant, d’abord depuis la Colombie jusqu’en 2013, puis de la France jusqu'à fin 2014.

Tout au long de mes affectations, j’ai pu travailler en liaison avec mes collègues plus scientifiques sur divers programmes :

-  Programme hybrides Oleifera x guineensis,

o   Avec tout d’abord les programmes hybrides O. Colombie, peu concluants

o   Puis les hybrides O. Brésil Coari

 -  Programme clones guinéens peu concluant

 -  Détection de diverses susceptibilités à la pourriture du cœur entre les catégories commerciales de guineensis (variété « El Dorado » de Palmelit, détectée dès 1987).

 -  Participation à des projets de recherches sur les maladies létales du palmier à huile grâce à l’amitié particulière que me portait et me porte toujours un entomologiste hors pair, Roch Desmier de Chesnon (employé de l’Inra puis du Cirad) :

o   Blast et pourriture sèche du cœur en RCI

o   Marchitez du palmier à huile

o   Pourriture du cœur,

o   Anneau Rouge du palmier sur la station du Rio Urubu et en Equateur.

-  Programme de lutte raisonnée au Pérou (Palma del Espino,1996)

 

Bilan sommaire

Je ne peux que remercier le Ciel de m’avoir offert la formidable opportunité de connaître mon épouse et de vivre les diverses facettes du métier de chercheur-ingénieur ou l’inverse, d’avoir pu le faire dans la joie du partage avec le monde de la jeunesse, la découverte d’univers passionnants tels que les relations insectes et maladies létales, de rencontres avec des personnages fabuleux, et la liste est longue de tous ceux auxquels je pense :

-       De gros entrepreneurs agro-industriels tels que Salomon Gutt (PDA/PDE/Murrin) en Equateur, don Mauricio Herrera de Hacienda La Cabaña en Colombie, la famille Molina au Guatemala, la famille Romero (au Pérou)

-  Des chercheurs- trouveurs tel que Roch Desmier de Chesnon, Lucien Seguy, Jean François Julia.

- Des touches à tout de génie tel que Philippe Genty en Colombie (Indupalma), le Frère Giovani Onore, ou David Benavidezà PDE tous deux en Equateur.

-  Des directeurs de recherche comme Michel Ollagnier ou Jean Marie Noiret,

-  Divers religieux qui géraient au quotidien les conditions de vie des populations comme le père Maisongrosse ou le frère Felix tous deux dans la zone d’Antalaha.

Tout cela dans le constat permanent de l’étonnante générosité d’une nature, qui se jouant des planifications et autres certitudes, est riche de ses fantaisies et imprévus, de la magie toujours renouvelée des interrelations entre plantes et milieux et toujours porteuse des réponses aux questions qu’en pleine humilité on veuille bien lui poser.

J’y ai conforté également l’énorme admiration que j’ai toujours portée à mes « anciens », dont le génie de l’observation, de la description, de l’anticipation, m’a toujours fasciné, ainsi qu’à l’étonnante capacité des populations rurales à trouver les voies les plus originales d’une adaptation à des milieux souvent difficiles.

Enfin ces diverses affectations m’ont permis de me confronter à divers problèmes difficiles à rencontrer en métropole tels que révolutions, coups d’état et renversements de présidents, guerres, tremblements de terre, éruptions volcaniques, ouragans, ou encore crash d’avion à Quito, ce qui m’a permis de constater les relations fragiles entre le Cirad métropole et ses agents de terrain…

Je ne puis que souhaiter à nos jeunes collègues de vivre aussi pleinement les mêmes aventures et de réfléchir à cette maxime les jours de déprime :

« Si un jour on te reproche que ton travail n’est pas professionnel, dis toi bien que des amateurs ont construit l’Arche de Noé, alors que des professionnels ont construit eux, le Titanic…. » . ‌

imageautoobioberthaud


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