Regards sur une œuvre de linguiste et d’anthropologue

Henry Tourneux, chercheur au CNRS, linguiste et anthropologue aussi rigoureux que sensible et empathique, est l’auteur de nombreux ouvrages et articles de référence. En 1983, il publiait chez Karthala Les Nuits de Zanzibar. Contes swahilis, un petit livre à la croisée de la tradition orale africaine et de l’imaginaire oriental musulman d’antan, que j’ai lu avec grand plaisir il y a déjà un lustre. Il vient de publier, chez le même éditeur, Vivre avec les djinns : Récits de Goggo Djara (Cameroun) (2026).

Henry a beaucoup collaboré avec les chercheurs du Cirad en poste au Nord-Cameroun. Ces travaux ont donné lieu à plusieurs publications, notamment un dictionnaire paru en 1998, consultable en ligne, puis une version encyclopédique augmentée, publiée en 2017, qui accorde une place importante à la pharmacopée.

Trois ouvrages, un même intérêt pour les savoirs et les récits

tourneux livres

À propos de Vivre avec les djinns
31 octobre 2026 
 

Au terme dune carrière de linguiste particulièrement féconde, Henry Tourneux nous livre en 2026, toujours chez Karthala, un témoignage qui s’annonce poignant et très original. Il fait en quelque sorte pendant aux Nuits de Zanzibar et aurait pu s’intituler Les Nuits de Maroua (Nord-Cameroun). Il s’agit de Vivre avec les djinns — et non avec les jeans, ces Levi’s en toile denim, de Nîmes !

Bref, j’ai lu Zanzibar, il y a déjà longtemps, mais pas encore Les Djinns. En attendant, j’ai sollicité, le 28 octobre 2026, l’IA de Google. Elle m’a proposé une comparaison assez convaincante, dont j’ai extrait et remanié les éléments suivants :

« Bien que séparés par plus de quatre décennies de recherche, ces deux ouvrages partagent le même dessein anthropologique et linguistique : recueillir, traduire et restituer la parole africaine dans toute sa complexité psychologique et socioculturelle, face à l’altérité du monde invisible. »

Dans le premier ouvrage, on baigne dans les influences arabes et bantoues de la culture swahilie, à travers des contes récréatifs et satiriques. Le second sera sans doute plus âpre à lire, mais d’autant plus prenant et poignant (selon une communication personnelle de l’auteur). Il s’agit en effet d’un récit de vie : la biographie mémorielle d’une femme de culture peule et wandala, marquée par son expérience psychologique du harcèlement des esprits, qui n’ont cessé de la tourmenter tout au long de sa vie.

Rappelons enfin qu’Henry Tourneux a travaillé avec plusieurs chercheurs du Cirad au Nord-Cameroun, notamment à l’élaboration de messages agrotechniques en langue peule. Ces collaborations ont contribué à la publication, en 2017, d’un dictionnaire encyclopédique consacré à l’agriculture, à l’élevage et aux ressources naturelles (flore et faune), avec un important volet de pharmacopée. En somme, un véritable dictionnaire agroécologique !

                                                                                                                                                                                                                                              José Martin

 Références en ligne

Dictionnaire (1998) — Consulter le PDF

Dictionnaire encyclopédique (2017) — Consulter le PDF

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