René Frering

René Frering s’est éteint le 28 mars 2020, à son domicile de Saint-Maur-des-Fossés, après une belle vie professionnelle. Il laisse 3 enfants et 5 petits-enfants. 

Frering

Né en Alsace, à Epfig, le 18 novembre 1923, sa scolarité s’arrêtera en primaire, car il a dû tout de suite aider ses parents paysans. La guerre apportera ses bouleversements et suite à l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne, il sera, comme tous les jeunes de son âge, incorporé de force dans l’armée allemande, en 1942. Il sera envoyé dans les Balkans, ensuite sur le front russe, puis dans les pays Baltes. Il profitera d’une permission, en décembre 1944, pour déserter et retournera aider ses parents. En 1949, il fait la connaissance d’une jeune parisienne, Colette, qui venait voir ses grands-parents à Epfig. Ils se marièrent début février 1950 à Paris. Une connaissance de son beau-père leur parle d’un institut de recherche cotonnière qui cherche un chef de culture pour le Togo. Fin février 1950, ils embarquent dans un DC3 au Bourget pour 3 jours de vol (Paris, Marseille, Casablanca, Nouakchot, Dakar, Bamako, Bobo-Dioulasso, Abidjan, Accra puis Lomé) pour rejoindre Kolokopé en train, puis Anié-Mono par la piste. Ils y resteront 6 mois puis René sera muté à Bouaké (Côte d’Ivoire) pour remplacer un chef de culture sur le départ. Autodidacte et curieux, il acquerra rapidement un large éventail de connaissances lui permettant la pleine possession de son poste. Rapidement, il sera missionné en tant que gestionnaire des moyens généraux de la station. Fonctionnant en parfaite symbiose avec Antoine Angelini, le directeur de la station de Bouaké, équilibrant les finances de celle-ci, ils en feront le fleuron des stations de l’IRCT. D’aucuns se souviennent ou se souviendront sûrement de la qualité de leur duo, tout particulièrement lors des réunions au ministère de la Recherche Scientifique à Abidjan. Grâce à l’équipe des chercheurs, la station de Bouaké sera connue pour sa bonne ambiance et pour son cadre de vie, dans un domaine de 8 hectares d’arbres et de pelouses. Le haut niveau des travaux scientifiques conduits par les chercheurs, entre autres : Serge Goebel, Jacques Schwendimann, Michel Déat, Gérard Sément, Claude Bouchy, Jean-Claude Follin, Paul Vandamme, René Couilloud, Michel Crétenet, Bernard Hau, Gérard Gawrysiak, Claude Monnet, ainsi que la qualité de la production végétale en fibre cotonnière de cette station, seront le déclencheur de la production cotonnière en Côte d’Ivoire : depuis la mise au point des variétés pour le marché local ou pour l’exportation, jusqu’à la multiplication dans une ferme semencière pour tout le périmètre cotonnier de Côte d’Ivoire.

En juillet 1977 il est détaché auprès de l’Institut des savanes (IDESSA) à Bouaké en tant que directeur administratif et financier, sous la direction de Marc Daechner, afin de mettre en place une comptabilité analytique. Cet institut regroupait l’ensemble des recherches de production cotonnières, vivrières et animales.

Désireux de préparer son retour en France, il est muté au Gerdat en juin 1982, comme cadre administratif attaché au secrétariat général, au siège de la rue Scheffer à Paris, poste qu’il a occupé jusqu’en décembre 1983, date de son départ en retraite. Homme de terrain, rigoureux et précis, loyal, honnête, doté de qualités humaines et relationnelles, René Frering savait être un interlocuteur respectueux de tous et chacun, naturel et simple, d’une curiosité vive et bien intentionnée, qualités qui l’accompagneront jusqu’à ses derniers jours.